1er septembre 2014 : levé de soleil depuis le mont Perdu
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dimanche 15 août 2010

06/07/08-08-2010 Les arêtes du Posets


Du vendredi 06 au dimanche 08 août 2010:

Tournée générale des arêtes du Posets avec Cyril Renailler

(auteur des photos ou l'on me voit)
Vendredi 06: Espigantosa, Forcau, col de Grist, Forqueta, lac de Llardaneta, bivouac sous la Dent de Llardana (2900m env.)

Samedi 07: arête d'Espadas, Posets, arête NE à la descente, col de La Paul, arête de La Paul A-R, bivouac sous le col de La Paul (2950m env.)

Dimanche 08: col Noir, arête Véterans-Jumeaux, col de La Paul, arête NE du Posets, Dent de Llardana, Forcau, Espigantosa

Vendredi 6 août:

Nous avons planté la veille notre tente sur la parking d'Espigantosa, non sans avoir rendu visite et dîner avec mes amis espagnols de Saragosse en séjours à Bénasque.Comme on est sur place, le réveil n'est pas très matinal, et sacs bien chargés, nous commençons la grimpette vers le Forcau, avant de poursuivre sur la voie normale du Posets. Nous nous arrêtons manger sous la rue Royale, avant de monter jusqu'au lac de Llardaneta.Nous allégeons les sacs, visitons l'amont du lac ou ses eaux se perdent (ce mystère avait bien questionné Raymond d'Espouy) avant de monter au col d'Eristé (ou de Grist). Juste avant d'y parvenir, des isards venus du versant de Viados nous y précédent et s'enfuient en nous apercevant vers la Forqueta. Nous leur emboitons le pas, puisque c'est justement là que nous allons!

Vue sur l'arête d'Espadas et le Posets depuis la Forqueta
Vaincu par Louis Le Bondidier en 1905, ce sommet est un fier "petit" 3000 du massif des Posets. Son ascension, par l'arête qui s'élève depuis le col d'Eristé, est assez facile. Cependant, il délivre un panorama splendide.

Gros plan sur le dauphin des Pyrénées

Lors de ma dernière visite, du sommet, j'avais assisté au levé de soleil, avant d'aller gravir l'arête d'Espadas par les pitons dominant le col d'Eristé et de poursuivre par la brèche Carrive jusqu'au pics des Jumeaux puis à celui des Vétérans avant de regagner Viados en descendant directement le vallon sous le col Noir. A cette période, je refaisais ces itinéraires pour préparer mon topo-guide sur les 3000.

Cyril sur la pointe sud-est de la Forqueta

Cyril, qui m'avait tant accompagné pour refaire nombre des 44 itinéraires présentés, en termine bientôt lui aussi avec les 3000. Plus que quelques-uns, alors maintenant, c'est moi qui l'accompagne vers les derniers sommets qui lui restent à gravir. Hormis le Posets, les pics d'Eristé et la Bardamina, il lui reste à gravir tous les autres sommets du massif. Alors, on a pensé un petit itinéraire pour les enchaîner en 3 jours. Nous voici donc au sommet du premier prévu au programme. Cyril passe par l'antécime sud-est pendant que je gagne directement le sommet principal sur lequel il me rejoint bientôt. Il y a du génépi partout.

Vue sur la massif de la Maladeta ...

et sur les pics d'Eristé sur fond de Cotiella.

Nous quittons bientôt le sommet pour revenir au lac de Llardaneta, dans lequel nous voyons moucher une magnifique fario aux mensurations fort respectables. Il y a bien longtemps que j'avais envie de visiter la vaste zone qui s'étend entre l'aplomb de la dent de Llardana et les parois qui plongent depuis l'arête d'Espadas. Nous rechargeons les sacs et repartons vers l'aval du lac, passons un torrent bouillonnant et nous élevons à nouveau sur un vague éperon herbeux pour contourner des barres. Au dessus, après un goulet enneigé qui en défend l'accès, nous parvenons à l'entrée d'un immense plateau désertique de pieiraille, parcouru par le torrent et dominé par la paroi de la dent de Llardana. Après l'avoir visité, nous revenons sur nos pas, pour installer notre bivouac juste en aval du goulet. La vue nous y semble plus intéressante. Et quel spectacle en effet nous réservera la soirée ...

Le plateau désertique sous l'arête d'Espadas et la dent de Llardana

Vue sur l'aiguille du Forcau

Fin de journée vers le lac de Llardaneta

Pause photo en soirée, dans un cadre enchanteur

...puis le levé de soleil:

Samedi 07 août:
Réveil matinal ce matin pour une délicieuse séance photo pendant que le thé infuse.

La même que la précédente, dans la lumière du petit matin cette fois-ci. Aube sur le lac de Llardaneta et la Forqueta

Après avoir plié le bivouac, nous partons ce matin pour le Posets par la classique arête d'Espadas. Retour sur le plateau de rocaille, petite mise en jambe pour jeter un coup d'oeil sur un laquet proche, vision matinale et amusante d'isards tous proches fuyant sur la neige...



... avant de monter roide, par des pentes délitées, au col des Pavots garni de neige. Au delà, une brève grimpette nous dépose au tucon Royo, aussi appelé pic des Pavots, que Russell fut le premier à atteindre avec André Subra et Firmin Barrau, le 22 juin 1885. Si un jour il faut comprendre pourquoi le Posets est un véritable poème géologique, c'est ici qu'il faut venir pour appréhender cela. Le nom du col et du sommet ne sont pas anodins, et depuis le pic, c'est une succession de bandes de roches variés qui égayent le regard jusqu'au Posets. Cela commence en rouge et noir sur le col, pour se poursuivre dans des teintes ocres, brunes...

L'arête d'Espadas vue depuis le pic Royo

Nous quittons ce premier sommet et commençons à remonter le long de la belle échine que forme l'arête. Le 2 juillet 1914, Henri Brulle et son fils Roger, Motas d'Estreux et Germain Castagné en avaient effectué le premier parcours.

En route sur l'arête d'Espadas
Détails de l'arête d'Espadas

Quelques ressauts nous opposent de brèves difficultés (III max) ... Cyril en finit avec un des ressaut de l'arête

... avant de gagner la cime du pic d'Espadas, que Jean-Marie Sansuc, Louis Le Bondidier, Charles Carrère et Louis Camboué avaient été les premiers à vaincre le 10 août 1905, en venant du futur col Jean Arlaud. Au sommet du pic d'Espadas

Nous poursuivons ensuite vers les autres sommets qui nous séparent du col Jean Arlaud. Il faut d'abord redescendre, avant un passage sans difficulté, absolument plat, mais spectaculaire:


Ensuite, il faut faire les montagnes russes sur quelques sommets secondaires avant de parvenir au col Jean Arlaud. La dernière fois que nous étions venus ici, c'était après avoir gravit le couloir homonyme. Les aiguilles qui dominent le col, immortalisées par Louis Le Bondidier et dont j'avais raconté l'histoire (voir archives de ce blog, juin 2009 et Revue Pyrénéenne d'Octobre 2009 pp.8-11) m'attirent irrésistiblement, et je ne peux m'empêcher d'aller faire quelques acrobaties sous l'objectif de Cyril:

Amusement sur les aiguilles sentinelles du col Jean Arlaud
Trêve de plaisanterie, "on est pas d'ici", il faut remonter dans la pieiraille jusqu'au sommet du Posets, sur lequel nous parvenons bientôt.

Gros plan sur les Gourgs-Blancs, le pic Jean-Arlaud et les pics de Clarabide et de Gias

Même si le panorama bien connu du sommet reste toujours aussi beau, il y a trop de monde, et nous partons bientôt vers l'antécime nord avant de descendre par l'arête nord-est. Il faut d'abord, en suivant les cairns, descendre dans la face est qui domine le glacier de Posets, dans un terrain particulièrement délité, avant de rejoindre l'arête au niveau d'une brèche caractéristique.

Les glaciers de Posets (à gauche) et de La Paul encadrant l'arête nord-est du Posets (vus du pic de La Paul)

Heureusement que je connais l'itinéraire que j'avais suivi à la montée il y a quelques années. Trouvant d'ailleurs cette arête comme une voie normale bien plus intéressante que la rue Royale. Ensuite il faut désescalader l'arête (II), sur un rocher allant en s'améliorant à mesure de la descente, jusqu'au col de La Paul, ou nous nous arêtons manger.

Le programme de la journée n'est pas tout à fait terminé, il faut aller chercher le pic de La Paul, dernier 3000 vierge de la chaîne conquis le 26/07/1927 par Arlaud et ses compagnons. Sitôt les estomacs calés, nous l'éxécutons par un aller-retour express en passant par le pic inférieur. Petite escalade attrayante (II+) sur un excellent rocher.

Pics de La Paul et Bardamina vus du Posets

Ensuite, il faut penser à un lieu de bivouac et à trouver de l'eau. En descendant sur le glacier de La Paul, une bonne centaine de mètres sous le col, voilà qui est bientôt fait. En plus, il y a de bons replats pour s'installer. Il est 15h30, Cyril prend même le temps de se construire un muret de protection, et nous voilà instalés pour la fin d'après midi. Il fait bon, et du coup nous ne montons même pas la tente. Ce sera une nuit à la belle étoile. 21h, on se met dans les duvets.

Dimanche 8 août 2010:

Posets nord, brèche Carrive, pics des Jumeaux et des Vétérans, vus du pic de La Paul

Pas la moindre difficulté aujourd'hui, mais de la distance à parcourir. 6h, sur des névés durs, nous descendons de nuit une bonne partie du vallon de La Paul, jusqu'à bifurquer vers un collet herbeux bien marqué puis en direction d'un col vers lequel nous remontons. Nous y parvenons par un terrain décomposé trés raide, et nous découvrons en contrebas les lacs qui dorment sous le col Noir, que nous devons rejoindre. Brève descente, passage près du lac, et remontée au col avec le jour qui se lève. Ici, s'amorce l'arête vers le pic des Vétérans.

Départ sur l'arête du pic des Vétérans
Nous la gravissons jusqu'au sommet et continuons jusqu'au pic des Jumeaux. Georges Ledormeur et F. Carrive furent les premiers à gravir ses deux sommets en 1921. Arlaud les appelait les "3000 Ledormeur", et la brèche Carrive sous le pic des Jumeaux conserve le nom du premier vainqueur.
Au sommet du pic des Jumeaux
Séance photo, coup d'oeil sur la brèche Carrive et le Posets qui nous domine, avant de repartir par le chemin inverse. Au retour, cueillette de génépi et séance photo au col Noir et sur les splendides lacs en contrebas, avant de regagner par les névés le bivouac.
Cyril au col Noir
Lac secret sous le col Noir
Plein d'eau, chargement du sac, et nous voilà repartis au col de La Paul pour remonter ensuite au Posets par l'arête descendue hier. J'y trouve ce que je n'avais pas réussit à revoir hier, mais j'étais sût que c'était là que j'avais vu cela: un haut de piolet scéllé dans la roche, portant sur une petite pancarte métallique la mention suivante: "Sube, sube, hasta coronar la cima de tu busqueda!" Sur cette arête descendue hier, nous montons, montons, jusqu'à couronner le sommet de notre recherche, celui dont Arlaud disait qu'il l'aimait "plus que toute autre montagne pyrénenne", le Posets.
Le piolet et son inscription
Cyril sur l'arête nord-est du Posets au dessus du glacier de Posets
Retour au sommet, un peu moins de monde qu'hier, mais on ne s'y éternise pas.
Avec Cyril au sommet du Posets
Nous descendons bientôt au col de la dent de Llardana ou nous mangeons.
La dent de Llardana vue depuis le Posets
L'escalade de la dent, vaincue le 22/07/1913 par Henri et Roger Brulle, n'est qu'une simple formalité, pour le dernier 3000 du massif des Posets de Cyril.

Nous revenons au col, puis dévallons bientôt en longue glissade la rue Royale, bien enneigée cette année. De là, nous filons au Forcau ...
Dans le vallon sous la rue Royale
... puis à la voiture. Il est 15h. Nous voila revenus à Espigantosa, presque déçus de repartir, tellement ces trois journées furent de toute beauté. Mais d'autres sommets nous attendent...

05-08-2010 Pic Méchant et Lalastoude

Jeudi 05-08-2010
Pic Méchant par le couloir, retour par Lalastoude et la brèche des Cintes Blanques
Avec Cyril Renailler
Voilà trois années que je ne suis pas allé rendre visite au bien mal nommé pic Méchant. La dernière fois, c'était par son arête nord.
Avec Cyril qui ne connait pas ce sommet, et devant la météo aussi nuageuse qu'hier au Bugatet, on opte pour la voie normale (itinéraire 269 du guide Ollivier) avec variante maison: départ par le val d'Estaragne, et au lieu de s'élever par la gauche pour surmonter la barre rocheuse qui domine la rive droite du torrent, on va directement au pied de cette dernière pour la surmonter par un couloir sans grande difficulté.
Au dessus, après le pierrier, on s'engage dans le couloir, encore bien remplit de neige. Comme bien sûr nous n'avons emmené ni piolets ni crampons, après la rampe de départ raide et dure négociées avec précaution, nous quittons à regret le fond du couloir pour nous élever par le terrain délité des escarpements de sa rive gauche. Cela nous mène directement à la brèche entre le Méchant et le Lalastoude.
Sur le versant sud, au lieu de suivre les cairns on escalade directement quelques ressauts histoire de s'amuser pour gagner bientôt le sommet et sa monumentale tourelle.
L'atmosphère est aussi nuageuse qu'hier au Bugatet.

Vue sur le pic de Bugatet et l'arête passant par le pène Esperracade

Au sommet du pic Méchant

Au retour, nous rejoignons la brèche et rentrons par la crête du Lalastoude. Sous ce dernier sommet, au lieu de suivre la crête jusqu'à la brèche des Cintes-Blanques, nous descendons versant nord dans un couloir croulant débouchant directement au laquet glaciaire situé juste sous la brèche.
Vue sur les Cintes-Blanques, le laquet glaciaire et Estaragne

Le laquet sans nom sous la brèche et l'arête des Cintes-Blanques


Le laquet des Cintes-Blanques

Je viens le voir tous les ans, et comme l'an dernier, il nous réserve une belle suprise: il a une allure arctique: au dessus de la calotte de glace qui recouvre entièrement le fond, une couche d'eau est emprisonnée.

Nous mangeons là avant de repartir en rejoignant les pentes si connues du val d'Estaragne.

360° au pic Méchant (2944m)

Un sommet bien sympathique en somme que ce pic Méchant. En tout cas, j'y reviens toujours avec plaisir.

jeudi 5 août 2010

04-07-2010 Pic de Bugatet




7 juillet 2010



Pic de Bugatet par la voie normale de Bassia Gran, la cheminée et l'arête nord,


retour par la brèche ouest.



Avec Caroline Ducrest, Sylvie Althaparo, Cyril Renailler




(Le boitier premier prix qui me sert d'appareil photo numérique ayant eu un point impossible à enlever une partie de l'été, certaines photos et la vidéo à la fin ont un point sur l'image. Les autres clichés sont des diapositives ... et c'est bien mieux).





Vous connaissez le pic de Bugatet?



C'est un fier sommet dominant au sud le lac d'Orédon et au nord la station de Piau et le vallon de la Mède, et son ascension est d'un grand intérêt, car il dispense un panorama de premier ordre.





Son nom n'apparaît que tardivement dans la littérature pyrénéiste. Si Léon Maury y était monté en 1906 avec un théodolite (mais ce n'était certainement pas le premier à y parvenir), Georges Ledormeur avait oublié ce sommet dans la première édition (1928) de son guide. Pourtant, il l'avait gravit dès 1910, puis en 1934 à nouveau. Il ne le fera figurer que dans la 6ème édition de 1950. En 1949, Pierre Marlier et Xavier Defos du Rau (qui était déjà parvenu au sommet en 1947 au sommet par le versant de la Mède) chevauchaient l'arête qui le relie au pic Méchant. mais c'est surtout dans les annés 60 que le Bugatet fait parler de lui, Jean Cassinet commençant à explorer son versant nord. Dans les années 80, la face sud-est qui domine Piau-Engaly est visitée par Alain Baudrimont. Pascal Ravier, en hiver comme en été, a plus récemment poursuivi l'exploration des versants discrets et sauvages de cette montagne méconnue, son versant sud-est se révélant d'un intérêt certain en hiver. Entre Attention fragile, dièdre nord-est et Farandole, le récent historien du massif du Néouvielle (voyez l'Aventure du Néouvielle, Cairn, 2009, pp.164-171) à laissé son empreinte sur le Bugatet. Rémy Thivel est également venu visiter pendant l'hiver 2007 le versant nord-est, ce fut rock n'roll, la voie s'appelle Angus Young (cliquez sur le titre de l'article pour le lien vers son excellente vidéo avec en prime en 1ère partie du film une hivernale de Lézard Glacé au Balaïtous).





Avec Sylvie et Caroline (arrivées de Paris hier soir, d'ou un départ vers 10h) et Cyril, nous partons depuis le val d'Estaragne ce matin, dans la brume. Je connais le chemin, j'étais déjà venu au Bugatet il y a quelques années... ce qui ne m'empêche pas de ne pas trouver le sentier (peu marqué d'ailleurs) et de faire naviguer notre petite troupe à vue à travers les rhododendrons. Avant de parvenir à Bassia Gran, le rideau se déchire, le massif du Néouvielle se dévoile, lumineux.










Au sortir de la brume ... ...enfin au soleil, face au Néouvielle

Nous contournons sur la droite le piton planté au milieu de Bassia Gran et partons dans un pierrier qui donne accès à un couloir-cheminée qui constitue l'itinéraire normal. Nous surmontons ce passage raide quelques instants (I) et partons, à travers terrasses et petits ressauts rocheux, pour bientôt quitter ce terrain en allant chercher la partie supérieure de l'arête nord, qui nous mène au sommet (itinéraires 277-279 du guide Ollivier Pyrénées Centrales II). Nous avons pris un bout de corde au cas où, mais on ne s'en servira même pas.
Dans un repli de terrain, je me retrouve quasiment nez à nez avec un gypaète barbu, qui nous gratifie d'un splendide décollage: le rapace, sitôt qu'il me voit, se jette dans la pente et déploie majusteusement ses grandes ailes pour prendre son envol et plonger bientôt derrière l'arête nord.

Cyril et Caroline dans la cheminée du Bugatet

Vue sur Bassia Gran et le massif du Néouvielle
Sylvie arrive au sommet
Caroline, Sylvie et Cyril au sommet du Bugatet

Au sommet, le panorama est limité aujourd'hui, des nuages accrochent, nombreux, les grands sommets. Nous mangeons là, au soleil, tout en admirant le spectacle. Une dernière photo et nous repartons.
Au sommet du Bugatet
Vue sur le Méchant orné d'une tourelle, Badet et pic Long
Histoire de faire une boucle, nous redescendons sur le versant sud pour rejoindre par des pentes herbeuses (à aborder avec précaution) la brèche ouest en direction du pic Méchant. De là, un ébouli, particulièrement apprécié par Caroline (notre danseuse qui prend grand soin de ses chevilles) nous ramène à Bassia Gran.
Une centaine de mètres au dessus de la route, coupant le sentier à travers bosquets de pins et rhododendrons, je lève cette fois-ci ... non pas un coq de bruyère ..., mais carrément un aigle royal qui décole à quelques mètres de moi. Hélas, pas le temps de le photographier, car il ne demande pas son reste pour fuir à tire d'aile.
Vue sur Aubert et Cap de Long

360° au sommet du Bugatet (2877m)





Si vous voulez sortir des sentiers battus, faites comme nous: allez au Bugatet!

mardi 3 août 2010

03-08-2010 Mon bistrot préféré (I) au parking de Cap-de-Long

Mardi 3 août 2010
Mon bistrot préféré au parking de Cap-de-Long (D- IV/IV+)
Avec Cyril Renailler

On a faillit faire la voie depuis Orédon! Le camion des poubelles était en panne sur le bitume en plein milieu après le croisement d'Orédon, mais ma petite Corsa est passé juste sur le rebord de la route (coté vide va de soi).

Et comme la journée d'hier fut fort orageuse et pluvieuse, le coup de soleil de ce matin n'as pas suffit à sécher toute la voie: aussi, le bistrot préféré servait de l'eau plate à volonté!

Départ de L4 sur un relais béton

Je savais par Francis que la voie avait été équipée, mais j'ai quand même pris quelques friends ... que j'ai baladé (8 dégaines sont nécessaires au plus, dans la dernière longueur)

Cyril à R4

A R4, voie très photogénique

Vidéo à R5, menu du jour

En rappel

Rappel

Je souscrit pleinement à l'opinion exprimé par Ollivier (cliquez sur le titre de cet article):

Pourquoi, au delà des relais (et encore), installer des points à demeure dans un telle voie qui ne demande qu'à accueillir des friends?

Le menu du dit bistrot étant en piteux état dans sa fissure et l'attache avec la cordelette déchirée, je redescend le tout chez Francis au Garlitz.

Et voilà, revenu au parking, le résultat de cette ambiance aquatique!

mercredi 28 juillet 2010

25/26-07-2010 Retour à Crabounouse et Bugarret avec Louis Le Bondidier

25 et 26 juillet 2010
Cliquez sur le titre pour le lien vers le site de la revue Pyrénées
De Crabounouse en Bugarret avec .... Louis Le Bondidier
Le carnet original du pic de Bugarret revenu au sommet avec la boîte
Au sommet de Crabounouse, les nouveaux carnets préparés par Romain laissés sur les sommets, les boîtes respectives, le carnet original de Bugarret et la reproduction de l'original de Crabounouse
Romain Bourbon au pale de Crabounouse
Le groupe au sommet du Bugarret
Grimpette matinale vers l'arête de Crabounouse
Le groupe au sommet du Bugarret
Gérard Raynaud devant la cabane Byasson pour une passionnante leçon d'histoire
Quiétude du soir
Lac Tourrat et face nord du pic Long

L'histoire débute le 1er août1997. Romain Bourbon, ou Romain des Montagnes pour ses amis, parvient au sommet du pale de Crabounouse avec Monique Lonca. Dans le cairn sommital, une vielle boîte rouillée attire son attention, et il redécouvre ainsi un carnet de sommet déposé là par Louis Le Bondidier le 23/09/1907!

La suite, Romain nous la raconte, non sans émotion, dans Pyrénées n°227 de Juillet 2006 et n°229 de Janvier 2007

L'hiver dernier, par je ne sais quel heureux hasard, je retrouve à mon tour le carnet d'un sommet voisin, le Bugarret. Déposé le même jour que celui de Crabounouse, il était recherché depuis longtemps, notamment par Romain qui m'as dit avoir retourné tous les rochers sommitaux du pic! Il ne risquait pas de le trouver, vu que le carnet avait quitté les lieux depuis 1971.

Le carnet de Crabounouse sera reproduit et redéposé au sommet par Romain le 02/10/2006, dans une boîte tubulaire inoxydable munie d'un bouchon en téflon, fabriquée pour l'occasion. J'y avais laissé quelques lignes depuis, notamment en 2008 (voir archives de ce blog). Le 23/08/2009, nous sortions avec Cyril Renailler de la face est du Turon de Néouvielle (voir archives de ce blog), et j'observais, chose assez inhabituelle, un groupe important au sommet du Crabounouse. Je l'appris plus tard, c'était Romain des Montagnes, revenu avec ses amis voir comment se portait le carnet.

Lorsque j'ai retrouvé le carnet de Bugarret, encore sous le coup de l'émotion, la première personne que j'ai appelée, c'est Romain bien sûr. Puis Gérard Raynaud, car de toute évidence, le carnet de Bugarret doit faire l'objet d'un article dans Pyrénées (ce sera après 2010, et la primeur étant réservée, chacun comprendra que je ne mette pas en ligne ce document unique, qui renferme sur 13 pages renseignées de 1907 à 1971 (si!), des signatures de pyrénéistes illustres, avec une perle signée Ledormeur notamment.

Cependant, Romain devant remonter pour changer le carnet de Crabounouse en 2010, je lui propose de faire fabriquer une boîte identique pour le carnet de Bugarret, et d'en profiter pour déposer au sommet de ce dernier un nouveau carnet. L'accord est conclu dans l'enthousiasme, et nous voilà réunis, Romain, Damien son fils, Monique, leurs amis, Gérard Raynaud, Michel Chambert (CAF d'Agen) et moi à Cap de Long en ce samedi 25 juillet 2010. Romain a préparé les nouveaux carnets, et comme la copie du carnet de Bugarret a pris quelque retard, je remonte avec l'original (soigneusement protégé dans un papier à bulles et enfermé dans la boîte destinée au sommet ... qui doit bien peser ses trois kilos de métal... en plus des cannes à pêche, de la bouteille de soda remplie d'eau avec des vairons...du génépi...) pour les photos.

Point commun, nous sommes tous montagnards ... et abonnés à Pyrénées!

Nous voilà partis sur le sentier de Cap de Long, avec en plus une glacière remplie de ses blocs de glace pour un pique-nique pantagruélique au bord du lac.

La glacière et ses blocs sont cachés, et nous entamons la raide montée sous la hourquette de Bugarret, avant de quitter son itinéraire pour gagner le col des Pêcheurs.

Arrivée toujours splendide sur ce col qui délivre une vue imprenable sur la face nord du pic Long, Bugarret et Crabounouse juste en face. Pause photo, puis nous redescendons au torrent du Bugarret. Comme tout le monde fait une pause, j'en profite pour jeter un coup de ligne, et un superbe saumon de fontaine saute sur l'appât. Il se retrouve bien vite dans l'herbe.

Nous remontons installer notre bivouac sur un plateau constellé de laquets légèrement en contrebas du lac Tourrat, puis nous gagnons ce dernier, ou les Ferradou nous attendent près de leur tente (ils sont partis ce matin). Au passage, je capture quelques saumons suplémentaires dans un laquet.

Nous mangeons tous ensemble, puis l'heure du départ fixée le lendemain à 6h, le groupe abandonne les Ferradou pour regagner les tentes. Mais avant le coucher, au dessus d'une jolie mer de nuage nocturne, chacun ouvre sa petite bouteille surprise. Le digestif est démultiplié, mais nous finissons par nous endormir.

Dimanche 27 juillet 2010

Nous rejoignons les Ferradou 1/2h après l'heure prévue (pourtant nous ne titubons pas), et nous voilà partis vers la crête du Crabounouse. J'emmène toute la troupe sur un premier névé, nous chaussons les crampons sur celui qui suit, et parvenons ainsi quasiment sur la crête, avant une de ses antécimes.

Nous la suivons en passant les différentes sommités qui se succèdent, puis arrivons après une petite brèche vers le sommet du pale de Crabounouse. A tout seigneur tout honneur, nous laissons Romain parvenir le premier au sommet. Comme nous ne voyons plus que son dos, nous ne pouvons que supposer l'émotion qu'il ressent en approchant du cairn sommital.

Nous voilà bientôt tous réunis près de la boîte et de son carnet, chacun y inscrit bientôt un petit mot, puis séance photo au sommet avec les deux carnets. Malheureusement, les nuages qui déjà menacaient se matin, ont envahis le sommet, et l'atmosphère est quelque peu grisâtre.

Nous quittons le Crabounouse, et comme autrefois Le Bondidier, suivons la crête jusqu'au pic de Bugarret. J'y construit un cairn, soulage mon sac de la boîte, et nous y laissons un nouveau carnet pendant une nouvelle séance photo. Le carnet original retrouve, l'espace de quelques instants, ce sommet qu'il avait quitté depuis 1971. Emotion...

A partir de là, Gérard Raynaud conduit le groupe pour nous emmener vers un lieu original et peu connu, la cabanne Byasson (voyez son dernier ouvrage Les Petites heures du pyrénéisme, Le Pin à Crochet, 2007, 203p.). Là, nous avons droit à un cours d'histoire passionnant.

Puis, par les névés, en longue glissades, nous redescendons au lac Tourrat, puis au bivouac.

Repas, puis nous redescendont presque jusqu'au premier lac de Bugarret avant de remonter à la hourquette et de regagner Cap de Long.
Les carnets de Crabounouse et Bugarret témoignent d'une histoire commencée voilà plus d'un siècle. Sur les boîtes les renfermant, nous avons inscrit, en français et en espagnol, au marqueur:
"Ami montagnard, respecte cette boîte et son carnet.
Tes enfants retrouverons tes traces."
Les photos ci-dessous sont de Michel Chambert, grand merci.

A la hourquette de Bugarret

Retour par la hourquette de Bugarret
9 abonnés de Pyrénées au sommet du Bugarret
Avec Romain Bourbon, les boîtes et les carnets de Bugarret et Crabounouse, au sommet de ce dernier

Romain Bourbon retrouve avec émotion le carnet déposé au sommet de Crabounouse

Neige aidant, grimpette matinale au plus raide pour rejoindre l'arête de Crabounouse depuis le lac Tourrat


Le lac sous le lac Tourrat (les locaux l'appellent le lac Noir) et mer de nuage en soirée

Lac Tourrat encore pris par les glaces et face nord du pic Long

Saumon de fontaine
Je pêche le torent de Bugarret
Au col des Pêcheurs avec Romain et les carnets
Grimpette dans la pente de la hourquette de Bugarret
Pique-nique au fond de Cap de Long

06-2010 Estaragne et Maubic en ski

06-2010

Estaragne et Maubic en ski de randonnée avec Cyril Renailler.

A venir

  Dimanche 19 mars 2023 Pyrénées, d'un 3000 à l'autre , 3e édition, vient de paraître ! Jamais deux sans trois... Les éditions MonHé...