1er septembre 2014 : levé de soleil depuis le mont Perdu
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dimanche 15 août 2010

05-08-2010 Pic Méchant et Lalastoude

Jeudi 05-08-2010
Pic Méchant par le couloir, retour par Lalastoude et la brèche des Cintes Blanques
Avec Cyril Renailler
Voilà trois années que je ne suis pas allé rendre visite au bien mal nommé pic Méchant. La dernière fois, c'était par son arête nord.
Avec Cyril qui ne connait pas ce sommet, et devant la météo aussi nuageuse qu'hier au Bugatet, on opte pour la voie normale (itinéraire 269 du guide Ollivier) avec variante maison: départ par le val d'Estaragne, et au lieu de s'élever par la gauche pour surmonter la barre rocheuse qui domine la rive droite du torrent, on va directement au pied de cette dernière pour la surmonter par un couloir sans grande difficulté.
Au dessus, après le pierrier, on s'engage dans le couloir, encore bien remplit de neige. Comme bien sûr nous n'avons emmené ni piolets ni crampons, après la rampe de départ raide et dure négociées avec précaution, nous quittons à regret le fond du couloir pour nous élever par le terrain délité des escarpements de sa rive gauche. Cela nous mène directement à la brèche entre le Méchant et le Lalastoude.
Sur le versant sud, au lieu de suivre les cairns on escalade directement quelques ressauts histoire de s'amuser pour gagner bientôt le sommet et sa monumentale tourelle.
L'atmosphère est aussi nuageuse qu'hier au Bugatet.

Vue sur le pic de Bugatet et l'arête passant par le pène Esperracade

Au sommet du pic Méchant

Au retour, nous rejoignons la brèche et rentrons par la crête du Lalastoude. Sous ce dernier sommet, au lieu de suivre la crête jusqu'à la brèche des Cintes-Blanques, nous descendons versant nord dans un couloir croulant débouchant directement au laquet glaciaire situé juste sous la brèche.
Vue sur les Cintes-Blanques, le laquet glaciaire et Estaragne

Le laquet sans nom sous la brèche et l'arête des Cintes-Blanques


Le laquet des Cintes-Blanques

Je viens le voir tous les ans, et comme l'an dernier, il nous réserve une belle suprise: il a une allure arctique: au dessus de la calotte de glace qui recouvre entièrement le fond, une couche d'eau est emprisonnée.

Nous mangeons là avant de repartir en rejoignant les pentes si connues du val d'Estaragne.

360° au pic Méchant (2944m)

Un sommet bien sympathique en somme que ce pic Méchant. En tout cas, j'y reviens toujours avec plaisir.

jeudi 5 août 2010

04-07-2010 Pic de Bugatet




7 juillet 2010



Pic de Bugatet par la voie normale de Bassia Gran, la cheminée et l'arête nord,


retour par la brèche ouest.



Avec Caroline Ducrest, Sylvie Althaparo, Cyril Renailler




(Le boitier premier prix qui me sert d'appareil photo numérique ayant eu un point impossible à enlever une partie de l'été, certaines photos et la vidéo à la fin ont un point sur l'image. Les autres clichés sont des diapositives ... et c'est bien mieux).





Vous connaissez le pic de Bugatet?



C'est un fier sommet dominant au sud le lac d'Orédon et au nord la station de Piau et le vallon de la Mède, et son ascension est d'un grand intérêt, car il dispense un panorama de premier ordre.





Son nom n'apparaît que tardivement dans la littérature pyrénéiste. Si Léon Maury y était monté en 1906 avec un théodolite (mais ce n'était certainement pas le premier à y parvenir), Georges Ledormeur avait oublié ce sommet dans la première édition (1928) de son guide. Pourtant, il l'avait gravit dès 1910, puis en 1934 à nouveau. Il ne le fera figurer que dans la 6ème édition de 1950. En 1949, Pierre Marlier et Xavier Defos du Rau (qui était déjà parvenu au sommet en 1947 au sommet par le versant de la Mède) chevauchaient l'arête qui le relie au pic Méchant. mais c'est surtout dans les annés 60 que le Bugatet fait parler de lui, Jean Cassinet commençant à explorer son versant nord. Dans les années 80, la face sud-est qui domine Piau-Engaly est visitée par Alain Baudrimont. Pascal Ravier, en hiver comme en été, a plus récemment poursuivi l'exploration des versants discrets et sauvages de cette montagne méconnue, son versant sud-est se révélant d'un intérêt certain en hiver. Entre Attention fragile, dièdre nord-est et Farandole, le récent historien du massif du Néouvielle (voyez l'Aventure du Néouvielle, Cairn, 2009, pp.164-171) à laissé son empreinte sur le Bugatet. Rémy Thivel est également venu visiter pendant l'hiver 2007 le versant nord-est, ce fut rock n'roll, la voie s'appelle Angus Young (cliquez sur le titre de l'article pour le lien vers son excellente vidéo avec en prime en 1ère partie du film une hivernale de Lézard Glacé au Balaïtous).





Avec Sylvie et Caroline (arrivées de Paris hier soir, d'ou un départ vers 10h) et Cyril, nous partons depuis le val d'Estaragne ce matin, dans la brume. Je connais le chemin, j'étais déjà venu au Bugatet il y a quelques années... ce qui ne m'empêche pas de ne pas trouver le sentier (peu marqué d'ailleurs) et de faire naviguer notre petite troupe à vue à travers les rhododendrons. Avant de parvenir à Bassia Gran, le rideau se déchire, le massif du Néouvielle se dévoile, lumineux.










Au sortir de la brume ... ...enfin au soleil, face au Néouvielle

Nous contournons sur la droite le piton planté au milieu de Bassia Gran et partons dans un pierrier qui donne accès à un couloir-cheminée qui constitue l'itinéraire normal. Nous surmontons ce passage raide quelques instants (I) et partons, à travers terrasses et petits ressauts rocheux, pour bientôt quitter ce terrain en allant chercher la partie supérieure de l'arête nord, qui nous mène au sommet (itinéraires 277-279 du guide Ollivier Pyrénées Centrales II). Nous avons pris un bout de corde au cas où, mais on ne s'en servira même pas.
Dans un repli de terrain, je me retrouve quasiment nez à nez avec un gypaète barbu, qui nous gratifie d'un splendide décollage: le rapace, sitôt qu'il me voit, se jette dans la pente et déploie majusteusement ses grandes ailes pour prendre son envol et plonger bientôt derrière l'arête nord.

Cyril et Caroline dans la cheminée du Bugatet

Vue sur Bassia Gran et le massif du Néouvielle
Sylvie arrive au sommet
Caroline, Sylvie et Cyril au sommet du Bugatet

Au sommet, le panorama est limité aujourd'hui, des nuages accrochent, nombreux, les grands sommets. Nous mangeons là, au soleil, tout en admirant le spectacle. Une dernière photo et nous repartons.
Au sommet du Bugatet
Vue sur le Méchant orné d'une tourelle, Badet et pic Long
Histoire de faire une boucle, nous redescendons sur le versant sud pour rejoindre par des pentes herbeuses (à aborder avec précaution) la brèche ouest en direction du pic Méchant. De là, un ébouli, particulièrement apprécié par Caroline (notre danseuse qui prend grand soin de ses chevilles) nous ramène à Bassia Gran.
Une centaine de mètres au dessus de la route, coupant le sentier à travers bosquets de pins et rhododendrons, je lève cette fois-ci ... non pas un coq de bruyère ..., mais carrément un aigle royal qui décole à quelques mètres de moi. Hélas, pas le temps de le photographier, car il ne demande pas son reste pour fuir à tire d'aile.
Vue sur Aubert et Cap de Long

360° au sommet du Bugatet (2877m)





Si vous voulez sortir des sentiers battus, faites comme nous: allez au Bugatet!

mardi 3 août 2010

03-08-2010 Mon bistrot préféré (I) au parking de Cap-de-Long

Mardi 3 août 2010
Mon bistrot préféré au parking de Cap-de-Long (D- IV/IV+)
Avec Cyril Renailler

On a faillit faire la voie depuis Orédon! Le camion des poubelles était en panne sur le bitume en plein milieu après le croisement d'Orédon, mais ma petite Corsa est passé juste sur le rebord de la route (coté vide va de soi).

Et comme la journée d'hier fut fort orageuse et pluvieuse, le coup de soleil de ce matin n'as pas suffit à sécher toute la voie: aussi, le bistrot préféré servait de l'eau plate à volonté!

Départ de L4 sur un relais béton

Je savais par Francis que la voie avait été équipée, mais j'ai quand même pris quelques friends ... que j'ai baladé (8 dégaines sont nécessaires au plus, dans la dernière longueur)

Cyril à R4

A R4, voie très photogénique

Vidéo à R5, menu du jour

En rappel

Rappel

Je souscrit pleinement à l'opinion exprimé par Ollivier (cliquez sur le titre de cet article):

Pourquoi, au delà des relais (et encore), installer des points à demeure dans un telle voie qui ne demande qu'à accueillir des friends?

Le menu du dit bistrot étant en piteux état dans sa fissure et l'attache avec la cordelette déchirée, je redescend le tout chez Francis au Garlitz.

Et voilà, revenu au parking, le résultat de cette ambiance aquatique!

mercredi 28 juillet 2010

25/26-07-2010 Retour à Crabounouse et Bugarret avec Louis Le Bondidier

25 et 26 juillet 2010
Cliquez sur le titre pour le lien vers le site de la revue Pyrénées
De Crabounouse en Bugarret avec .... Louis Le Bondidier
Le carnet original du pic de Bugarret revenu au sommet avec la boîte
Au sommet de Crabounouse, les nouveaux carnets préparés par Romain laissés sur les sommets, les boîtes respectives, le carnet original de Bugarret et la reproduction de l'original de Crabounouse
Romain Bourbon au pale de Crabounouse
Le groupe au sommet du Bugarret
Grimpette matinale vers l'arête de Crabounouse
Le groupe au sommet du Bugarret
Gérard Raynaud devant la cabane Byasson pour une passionnante leçon d'histoire
Quiétude du soir
Lac Tourrat et face nord du pic Long

L'histoire débute le 1er août1997. Romain Bourbon, ou Romain des Montagnes pour ses amis, parvient au sommet du pale de Crabounouse avec Monique Lonca. Dans le cairn sommital, une vielle boîte rouillée attire son attention, et il redécouvre ainsi un carnet de sommet déposé là par Louis Le Bondidier le 23/09/1907!

La suite, Romain nous la raconte, non sans émotion, dans Pyrénées n°227 de Juillet 2006 et n°229 de Janvier 2007

L'hiver dernier, par je ne sais quel heureux hasard, je retrouve à mon tour le carnet d'un sommet voisin, le Bugarret. Déposé le même jour que celui de Crabounouse, il était recherché depuis longtemps, notamment par Romain qui m'as dit avoir retourné tous les rochers sommitaux du pic! Il ne risquait pas de le trouver, vu que le carnet avait quitté les lieux depuis 1971.

Le carnet de Crabounouse sera reproduit et redéposé au sommet par Romain le 02/10/2006, dans une boîte tubulaire inoxydable munie d'un bouchon en téflon, fabriquée pour l'occasion. J'y avais laissé quelques lignes depuis, notamment en 2008 (voir archives de ce blog). Le 23/08/2009, nous sortions avec Cyril Renailler de la face est du Turon de Néouvielle (voir archives de ce blog), et j'observais, chose assez inhabituelle, un groupe important au sommet du Crabounouse. Je l'appris plus tard, c'était Romain des Montagnes, revenu avec ses amis voir comment se portait le carnet.

Lorsque j'ai retrouvé le carnet de Bugarret, encore sous le coup de l'émotion, la première personne que j'ai appelée, c'est Romain bien sûr. Puis Gérard Raynaud, car de toute évidence, le carnet de Bugarret doit faire l'objet d'un article dans Pyrénées (ce sera après 2010, et la primeur étant réservée, chacun comprendra que je ne mette pas en ligne ce document unique, qui renferme sur 13 pages renseignées de 1907 à 1971 (si!), des signatures de pyrénéistes illustres, avec une perle signée Ledormeur notamment.

Cependant, Romain devant remonter pour changer le carnet de Crabounouse en 2010, je lui propose de faire fabriquer une boîte identique pour le carnet de Bugarret, et d'en profiter pour déposer au sommet de ce dernier un nouveau carnet. L'accord est conclu dans l'enthousiasme, et nous voilà réunis, Romain, Damien son fils, Monique, leurs amis, Gérard Raynaud, Michel Chambert (CAF d'Agen) et moi à Cap de Long en ce samedi 25 juillet 2010. Romain a préparé les nouveaux carnets, et comme la copie du carnet de Bugarret a pris quelque retard, je remonte avec l'original (soigneusement protégé dans un papier à bulles et enfermé dans la boîte destinée au sommet ... qui doit bien peser ses trois kilos de métal... en plus des cannes à pêche, de la bouteille de soda remplie d'eau avec des vairons...du génépi...) pour les photos.

Point commun, nous sommes tous montagnards ... et abonnés à Pyrénées!

Nous voilà partis sur le sentier de Cap de Long, avec en plus une glacière remplie de ses blocs de glace pour un pique-nique pantagruélique au bord du lac.

La glacière et ses blocs sont cachés, et nous entamons la raide montée sous la hourquette de Bugarret, avant de quitter son itinéraire pour gagner le col des Pêcheurs.

Arrivée toujours splendide sur ce col qui délivre une vue imprenable sur la face nord du pic Long, Bugarret et Crabounouse juste en face. Pause photo, puis nous redescendons au torrent du Bugarret. Comme tout le monde fait une pause, j'en profite pour jeter un coup de ligne, et un superbe saumon de fontaine saute sur l'appât. Il se retrouve bien vite dans l'herbe.

Nous remontons installer notre bivouac sur un plateau constellé de laquets légèrement en contrebas du lac Tourrat, puis nous gagnons ce dernier, ou les Ferradou nous attendent près de leur tente (ils sont partis ce matin). Au passage, je capture quelques saumons suplémentaires dans un laquet.

Nous mangeons tous ensemble, puis l'heure du départ fixée le lendemain à 6h, le groupe abandonne les Ferradou pour regagner les tentes. Mais avant le coucher, au dessus d'une jolie mer de nuage nocturne, chacun ouvre sa petite bouteille surprise. Le digestif est démultiplié, mais nous finissons par nous endormir.

Dimanche 27 juillet 2010

Nous rejoignons les Ferradou 1/2h après l'heure prévue (pourtant nous ne titubons pas), et nous voilà partis vers la crête du Crabounouse. J'emmène toute la troupe sur un premier névé, nous chaussons les crampons sur celui qui suit, et parvenons ainsi quasiment sur la crête, avant une de ses antécimes.

Nous la suivons en passant les différentes sommités qui se succèdent, puis arrivons après une petite brèche vers le sommet du pale de Crabounouse. A tout seigneur tout honneur, nous laissons Romain parvenir le premier au sommet. Comme nous ne voyons plus que son dos, nous ne pouvons que supposer l'émotion qu'il ressent en approchant du cairn sommital.

Nous voilà bientôt tous réunis près de la boîte et de son carnet, chacun y inscrit bientôt un petit mot, puis séance photo au sommet avec les deux carnets. Malheureusement, les nuages qui déjà menacaient se matin, ont envahis le sommet, et l'atmosphère est quelque peu grisâtre.

Nous quittons le Crabounouse, et comme autrefois Le Bondidier, suivons la crête jusqu'au pic de Bugarret. J'y construit un cairn, soulage mon sac de la boîte, et nous y laissons un nouveau carnet pendant une nouvelle séance photo. Le carnet original retrouve, l'espace de quelques instants, ce sommet qu'il avait quitté depuis 1971. Emotion...

A partir de là, Gérard Raynaud conduit le groupe pour nous emmener vers un lieu original et peu connu, la cabanne Byasson (voyez son dernier ouvrage Les Petites heures du pyrénéisme, Le Pin à Crochet, 2007, 203p.). Là, nous avons droit à un cours d'histoire passionnant.

Puis, par les névés, en longue glissades, nous redescendons au lac Tourrat, puis au bivouac.

Repas, puis nous redescendont presque jusqu'au premier lac de Bugarret avant de remonter à la hourquette et de regagner Cap de Long.
Les carnets de Crabounouse et Bugarret témoignent d'une histoire commencée voilà plus d'un siècle. Sur les boîtes les renfermant, nous avons inscrit, en français et en espagnol, au marqueur:
"Ami montagnard, respecte cette boîte et son carnet.
Tes enfants retrouverons tes traces."
Les photos ci-dessous sont de Michel Chambert, grand merci.

A la hourquette de Bugarret

Retour par la hourquette de Bugarret
9 abonnés de Pyrénées au sommet du Bugarret
Avec Romain Bourbon, les boîtes et les carnets de Bugarret et Crabounouse, au sommet de ce dernier

Romain Bourbon retrouve avec émotion le carnet déposé au sommet de Crabounouse

Neige aidant, grimpette matinale au plus raide pour rejoindre l'arête de Crabounouse depuis le lac Tourrat


Le lac sous le lac Tourrat (les locaux l'appellent le lac Noir) et mer de nuage en soirée

Lac Tourrat encore pris par les glaces et face nord du pic Long

Saumon de fontaine
Je pêche le torent de Bugarret
Au col des Pêcheurs avec Romain et les carnets
Grimpette dans la pente de la hourquette de Bugarret
Pique-nique au fond de Cap de Long

06-2010 Estaragne et Maubic en ski

06-2010

Estaragne et Maubic en ski de randonnée avec Cyril Renailler.

A venir

dimanche 18 avril 2010

16-17-18/04/2010 - Trois jours à ski au Balaïtous

16, 17 et 18 avril 2010
Trois jours en ski au Balaïtous
Avec Cyril Renailler.
Le refuge Ledormeur - Le Balaïtous par la cheminée de Las Néous - Un peu d'histoire - Le col du Pabat.
Vendredi 16 avril:
Beau temps annoncé, Cyril n'ayant jamais réalisé l'hivernale classique par las Néous du Balaïtous, notre destination est vite trouvée. Après un pique-nique sur les rives du barrage du Tech, nous voilà rendu au parking de la Maison du Parc, terminus de la route.
Direction le refuge Ledormeur.
C'est par là...

Cyril sur le sentier du port de la Peyre Saint-Martin

Nous quittons bientôt le sentier du port, effrayons quelques isards avant de chausser les skis
pour la dernière grimpette...

En ski sous la Picasse de Labassa

Avant de parvenir au refuge Ledormeur (1h40)...

Le charmant refuge Ledormeur
La bâtisse porte le nom de celui qui en fut le promotteur et l'architecte, le célèbre Marchoucreve. Entre Georges Ledormeur et le Balaïtous, ce fut une longue complicité, l'homme gravissant sa montagne de prédilection dans sa 80ème année, et appelant son domicile tarbais "Balaïtous". Le refuge, propriété du CAF de Tarbes qui l'a dernièrement admirablement toiletté, a été inauguré en 1926.

Plaque du refuge Ledormeur.

Après une fin d'après midi à bronzer sur la terasse, repas, un renard se promène alègrement en montant vers la Pacca, et au lit à 20h30. Le réveil est
mis à 2h30 pour essayer de profiter du lever de soleil au sommet.
Dans la soirée un couple de palois vient discrètement s'installer.

Montée au départ du refuge Ledormeur pour rejoindre le glacier de Las Néous.
(la photo na pas été faite à 3h du matin).
La cheminée de Las Néous: un peu d'histoire.

La première ascension du Balaïtous par la cheminée de Las Néous semble bien revenir au célèbre guide ossalois Jacques orteig en 1865. Russell, qui en fit la seconde le 15/06/1870 (avec Poulou Salettes et Basile Gaspard) avait admis cette ascension d'Orteig "par l'est" avant d'en douter franchement. Néammoins, en 1906, Orteig a confirmé par lettre au célèbre pyrénéiste son ascension. Henry Russell aurait souhaité aménager une grotte au sommet du glacier de Las Néous...
Nombreux sont les visiteurs célèbres à avoir emprunté cet itinéraire:
Maurice B. Byles en 1871 avec Jacques Orteig, Edouard Wallon et son fils en 1872, avec Basile Gaspard, Jean Lacoste (Wallon trouvait encore au sommet les piquets de tente abandonnés en 1825 par les géodésiens Peytier et Hossard, et en emportait un). En 1872, une ascension restée dans les annales est celle du pianiste Antoine Marmontel avec Sarrettes. Il se cassa le nez à la descente.
En 08/1874, c'est Henry Cordier, le neveu du célèbre Cordier de la Maladeta, qui y parvient avec le guide Jean Lacoste. En 09/1876, Roger de Monts se présente au pied de la cheminée avec un chasseur de Gripp. Avec comme seul équipement la crosse de son fusil, le célèbre pyrénéiste gersois préfère ne pas se risquer dans la cheminée. Il reviendra...
Jean Bazillac et Henri Brulle y viennent avec Sarrettes et Pierre Bordenave en août 1878. Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha et P. de Joinville le 14/07/1880, Passement, Rousseau, Estoup, Michel Glère le 27/07/1880.
A cette date, nous dit Georges Cadier, seul une douzaine d'ascension par Las Néous avaient eu lieu. L'itinéraire devient cependant assez classique ... l'été, et même sert d'itinéraire de descente, notamment en 1873, lors de la première ascension nocturne du Balaïtous réalisée (par l'arête Packe-Russell) par Charles Cadier avec Doassans, Fezanz, Domerschicoff sous la conduite de l'inévitable Jacques Orteig (avec son chien et un autre guide). Toutefois, la rimaye peut présenter un obstacle redoutable, voire infranchissable. Et se montrer prête à recevoir celui qui chuterait à la descente, en ouvrant sa gueule béante.
Quelques autres ascension notables:
Swan en 1886 avec sa soeur et son cousin, guidés par Pierre Bordenave et Henri Passet.
Swan y revient en 1891, Rayssé également avec Bretenaiche et un guide cette année là.
Rayssé y revint, avec un groupe, pour une ascension nocturne en 1896.
Georges Forsans en 1898 avec Joseph Trelaün (dit Bascou) et François Mousquiès-Tisnès
Georges Ledormeur, en 1905, à deux reprises, une fois avec Paimparey, l'autre avec Dencausse.
Les frères Cadier bien sûr, en 1905...ainsi que Louis Robach.
Maurice et son frère Charles Heïd en 1906, P. Arné en 1913.
En 1934, c'est le guide Louis Batan qui y conduit sa délicieuse cliente, miss V. Muspratt
Etc, etc, etc...
Hivernales par Las Néous:
En janvier 1881, Roger de Monts, déjà venu visiter les lieux en chassant, parvient au sommet du Balaïtous avec Célestin Passet et Lons. Il est le premier pyrénéiste à parvenir au sommet du Balaïtous en hiver.
En ski, il semble que ce soit Louis Falisse qui ait été le premier à monter avec des planches jusqu'à la cheminée en mai 1909. Il était avec Louis Sallenave.
L'itinéraire par le glacier et la cheminée de Las Néous s'impose comme la voie d'hiver, relativement commode, pour parvenir au sommet du géant pyrénéen en hiver.
.......
Samedi 17 avril:

3h15, skis au pied, c'est parti. 0°c, neige béton, couteaux sous les spatules. 5h30, vue plongeante sur l'éclairage nocturne de l'aglomération tarbaise, 6h30 nous voilà au pied de la cheminée. Le temps de s'encorder, et je m'engage dans l'étroit goulet de base, lequel est carrément en glace. Chouette!

Et par dessus ça, en plus il y a même un relais équipé au dessus. Les temps changent, lors de mes deux premières visites en ces lieux (12/04/2001 en raquettes, 03/05/2003 en ski), il n'y avait rien en place dans cette cheminée, montée et descente sans corde, comme les anciens l'ont toujours fait.

J'arrive au relais, et voilà pas qu'il me prend un des ces étourdissements dont je n'ai pas l'habitude, et je vois même le moment ou je vais tomber dans les vappes. J'ancre les piolets au cas où, finalement ça passe, je finis par me vacher et faire monter Cyril. Montés sans s'arrêter, sans boire (faut dire que ma gourde, mise dans la poche à peaux de phoque extérieure de mon sac, laquelle est bien trouée depuis belle lurette par les lames des piolets, s'est payé vers 5h30 une petite descente nocturne du glacier), ni même avaler une quoi que ce soit, ça ressemble bien à une petite crise du sucre. J'avale en vitesse les 2 barres chocolatés qui se battent en duel dans le sac. Du coup, je suis pas mécontent que Cyril ai voulu prendre un bout de corde, et je le laisse passer devant désormais.
Avec tout ça, c'est raté pour le lever de soleil, et vu le précédent, au lieu de monter en tendu, Cyril préfère assurer en prenant tous les relais. On finit quand même en tendu, et pour finir, Cyril se paie un petit franchissement de corniche pour sortir (ça me rappelle un certain couloir Jean-Arlaud du coté des Posets).

Lever de soleil sur le Cap Peytier-Hossard

Cyril me rejoint au relais après le goulet de départ.

Sommet, 8h30.
Le spectacle est tout simplement grandiose.

Aiguille Cadier et Frondella orientale (premier plan en contrebas) et vue sur le massif d'Enfer-Garmo Negro

Le mercure sort du sac à -6,5°c, 5 mn après il est à -10°. Mais comme il n'y a pas de vent, que le soleil nous innonde généreusement, la sensation de froid n'est pas très vive.
Vue sur les massifs de Tendenera, Telara...
Vignemale, seigneur des Pyrénees, écrasant la pyramide de la Fache et cachant la partie orientale du massif calcaire.
Cyril au sommet.

Le Balaïtous est le seul 3000 pyrénéen à être doté de deux signaux géodésiques.
La borne bétonnée classique (comme au Mont-Perdu ou au Vignemale...)
et le tryptique métallique (comme à Troumouse).
Bon, à partir de cette instant, l'appareil numérique ayant certainement plus de mal à supporter le froid, impossible de l'utiliser.
Faudra attendre les diapos ... ou celles de Cyril...au retour des vacances.
Nous restons 1h30 au sommet, avant de redescendre par la cheminée sur le coup de 10h.
12h, bonne pause contre les rochers à droite de la cheminée Falisse. Nous profitons longuement du soleil, la circulation des cordées qui commencent à arriver à cette heure, se fait plus intense.
S'ensuit le retour au refuge en redescendant le glacier dans une neige absolument parfaite, de rêve même. Bronzette devant le refuge
Au soir, coucher après la soirée passée avec un couple d'espagnols bien sympathique.
Dimanche 18 avril :
Réveil à 4h30, nous souhaitons juste aller voir le glacier du Pabat. Lorsque depuis la pleine (tarbaise par exemple), Marmuré daigne se montrer, c'est ce glacier que l'on aperçoit alors. Il est fermé par une barre rocheuse surmonté d'une large vire ascendante vers le sommet: c'est le boulevard Packe.
5h11, nous reprenons le chemin du Balaïtous, et sous le cap Peytier-Hossard, nous traversons jusqu'au col du Pabat.
Nous tirons un peu plus au nord est, pour gagner la brèche avant le Sintesnère, puis revenons au col du Pabat en traversant à flanc. Le lac des Tuts est invisible.
Parvenu au col, quelle impression fait d'ici le Cap Peytier-Hossard. Il ne porte jamais si bien son nom que vu de d'ici.
Cyril à une idée lumineuse: on redescend par le Larribet, on la connaît pas la descente par là qu'il me dit. Chouette, et les affaires au refuge Ledormeur? Je remonte les chercher qu'il me dit! Sûr? OUIIIIIII! C'est partiiiii!
Quasiment d'une traite, nous descendons jusqu'au Larribet dans une neige de dingue.
Juste quelques barres à éviter peu avant d'y parvenir. Petit schuss pour remonter sur le promontoire du refuge, brêve visite des lieux, puis nous continuons jusqu'au plateau avant la Claou. Ski sur les sacs désormais, rencontre avec deux pêcheurs qui nous font admirer une superbe fario de 35cm, puis descente à pied jusqu'à Doumblas.
Peu avant d'arriver à la toue, nous débusquons un isard qui bondit joliment dans les massifs de rhododendron. Cyril vide son sac de tout son contenu, et le voilà qui repart à vide pour remonter au Ledormeur. Moi je récupère tout le sien (skis, crampons et autres bricoles en double), range tout cela dans mon sac, passe devant la toue et vais l'attendre à Suyen.
Comme Cyril a gravit dans la semaine Vignemale et Aneto, il est en canne, il lui faut 35mn pour rejoindre le refuge, il récupère popotte et sac de couchage, à 12h15 nous sommes revenus au parking.

  Dimanche 19 mars 2023 Pyrénées, d'un 3000 à l'autre , 3e édition, vient de paraître ! Jamais deux sans trois... Les éditions MonHé...