28 octobre 2016 : Neige d'automne sur le Vignemale vu du Néouvielle


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dimanche 15 août 2010

06/07/08-08-2010 Les arêtes du Posets


Du vendredi 06 au dimanche 08 août 2010:

Tournée générale des arêtes du Posets avec Cyril Renailler

(auteur des photos ou l'on me voit)
Vendredi 06: Espigantosa, Forcau, col de Grist, Forqueta, lac de Llardaneta, bivouac sous la Dent de Llardana (2900m env.)

Samedi 07: arête d'Espadas, Posets, arête NE à la descente, col de La Paul, arête de La Paul A-R, bivouac sous le col de La Paul (2950m env.)

Dimanche 08: col Noir, arête Véterans-Jumeaux, col de La Paul, arête NE du Posets, Dent de Llardana, Forcau, Espigantosa

Vendredi 6 août:

Nous avons planté la veille notre tente sur la parking d'Espigantosa, non sans avoir rendu visite et dîner avec mes amis espagnols de Saragosse en séjours à Bénasque.Comme on est sur place, le réveil n'est pas très matinal, et sacs bien chargés, nous commençons la grimpette vers le Forcau, avant de poursuivre sur la voie normale du Posets. Nous nous arrêtons manger sous la rue Royale, avant de monter jusqu'au lac de Llardaneta.Nous allégeons les sacs, visitons l'amont du lac ou ses eaux se perdent (ce mystère avait bien questionné Raymond d'Espouy) avant de monter au col d'Eristé (ou de Grist). Juste avant d'y parvenir, des isards venus du versant de Viados nous y précédent et s'enfuient en nous apercevant vers la Forqueta. Nous leur emboitons le pas, puisque c'est justement là que nous allons!

Vue sur l'arête d'Espadas et le Posets depuis la Forqueta
Vaincu par Louis Le Bondidier en 1905, ce sommet est un fier "petit" 3000 du massif des Posets. Son ascension, par l'arête qui s'élève depuis le col d'Eristé, est assez facile. Cependant, il délivre un panorama splendide.

Gros plan sur le dauphin des Pyrénées

Lors de ma dernière visite, du sommet, j'avais assisté au levé de soleil, avant d'aller gravir l'arête d'Espadas par les pitons dominant le col d'Eristé et de poursuivre par la brèche Carrive jusqu'au pics des Jumeaux puis à celui des Vétérans avant de regagner Viados en descendant directement le vallon sous le col Noir. A cette période, je refaisais ces itinéraires pour préparer mon topo-guide sur les 3000.

Cyril sur la pointe sud-est de la Forqueta

Cyril, qui m'avait tant accompagné pour refaire nombre des 44 itinéraires présentés, en termine bientôt lui aussi avec les 3000. Plus que quelques-uns, alors maintenant, c'est moi qui l'accompagne vers les derniers sommets qui lui restent à gravir. Hormis le Posets, les pics d'Eristé et la Bardamina, il lui reste à gravir tous les autres sommets du massif. Alors, on a pensé un petit itinéraire pour les enchaîner en 3 jours. Nous voici donc au sommet du premier prévu au programme. Cyril passe par l'antécime sud-est pendant que je gagne directement le sommet principal sur lequel il me rejoint bientôt. Il y a du génépi partout.

Vue sur la massif de la Maladeta ...

et sur les pics d'Eristé sur fond de Cotiella.

Nous quittons bientôt le sommet pour revenir au lac de Llardaneta, dans lequel nous voyons moucher une magnifique fario aux mensurations fort respectables. Il y a bien longtemps que j'avais envie de visiter la vaste zone qui s'étend entre l'aplomb de la dent de Llardana et les parois qui plongent depuis l'arête d'Espadas. Nous rechargeons les sacs et repartons vers l'aval du lac, passons un torrent bouillonnant et nous élevons à nouveau sur un vague éperon herbeux pour contourner des barres. Au dessus, après un goulet enneigé qui en défend l'accès, nous parvenons à l'entrée d'un immense plateau désertique de pieiraille, parcouru par le torrent et dominé par la paroi de la dent de Llardana. Après l'avoir visité, nous revenons sur nos pas, pour installer notre bivouac juste en aval du goulet. La vue nous y semble plus intéressante. Et quel spectacle en effet nous réservera la soirée ...

Le plateau désertique sous l'arête d'Espadas et la dent de Llardana

Vue sur l'aiguille du Forcau

Fin de journée vers le lac de Llardaneta

Pause photo en soirée, dans un cadre enchanteur

...puis le levé de soleil:

Samedi 07 août:
Réveil matinal ce matin pour une délicieuse séance photo pendant que le thé infuse.

La même que la précédente, dans la lumière du petit matin cette fois-ci. Aube sur le lac de Llardaneta et la Forqueta

Après avoir plié le bivouac, nous partons ce matin pour le Posets par la classique arête d'Espadas. Retour sur le plateau de rocaille, petite mise en jambe pour jeter un coup d'oeil sur un laquet proche, vision matinale et amusante d'isards tous proches fuyant sur la neige...



... avant de monter roide, par des pentes délitées, au col des Pavots garni de neige. Au delà, une brève grimpette nous dépose au tucon Royo, aussi appelé pic des Pavots, que Russell fut le premier à atteindre avec André Subra et Firmin Barrau, le 22 juin 1885. Si un jour il faut comprendre pourquoi le Posets est un véritable poème géologique, c'est ici qu'il faut venir pour appréhender cela. Le nom du col et du sommet ne sont pas anodins, et depuis le pic, c'est une succession de bandes de roches variés qui égayent le regard jusqu'au Posets. Cela commence en rouge et noir sur le col, pour se poursuivre dans des teintes ocres, brunes...

L'arête d'Espadas vue depuis le pic Royo

Nous quittons ce premier sommet et commençons à remonter le long de la belle échine que forme l'arête. Le 2 juillet 1914, Henri Brulle et son fils Roger, Motas d'Estreux et Germain Castagné en avaient effectué le premier parcours.

En route sur l'arête d'Espadas
Détails de l'arête d'Espadas

Quelques ressauts nous opposent de brèves difficultés (III max) ... Cyril en finit avec un des ressaut de l'arête

... avant de gagner la cime du pic d'Espadas, que Jean-Marie Sansuc, Louis Le Bondidier, Charles Carrère et Louis Camboué avaient été les premiers à vaincre le 10 août 1905, en venant du futur col Jean Arlaud. Au sommet du pic d'Espadas

Nous poursuivons ensuite vers les autres sommets qui nous séparent du col Jean Arlaud. Il faut d'abord redescendre, avant un passage sans difficulté, absolument plat, mais spectaculaire:


Ensuite, il faut faire les montagnes russes sur quelques sommets secondaires avant de parvenir au col Jean Arlaud. La dernière fois que nous étions venus ici, c'était après avoir gravit le couloir homonyme. Les aiguilles qui dominent le col, immortalisées par Louis Le Bondidier et dont j'avais raconté l'histoire (voir archives de ce blog, juin 2009 et Revue Pyrénéenne d'Octobre 2009 pp.8-11) m'attirent irrésistiblement, et je ne peux m'empêcher d'aller faire quelques acrobaties sous l'objectif de Cyril:

Amusement sur les aiguilles sentinelles du col Jean Arlaud
Trêve de plaisanterie, "on est pas d'ici", il faut remonter dans la pieiraille jusqu'au sommet du Posets, sur lequel nous parvenons bientôt.

Gros plan sur les Gourgs-Blancs, le pic Jean-Arlaud et les pics de Clarabide et de Gias

Même si le panorama bien connu du sommet reste toujours aussi beau, il y a trop de monde, et nous partons bientôt vers l'antécime nord avant de descendre par l'arête nord-est. Il faut d'abord, en suivant les cairns, descendre dans la face est qui domine le glacier de Posets, dans un terrain particulièrement délité, avant de rejoindre l'arête au niveau d'une brèche caractéristique.

Les glaciers de Posets (à gauche) et de La Paul encadrant l'arête nord-est du Posets (vus du pic de La Paul)

Heureusement que je connais l'itinéraire que j'avais suivi à la montée il y a quelques années. Trouvant d'ailleurs cette arête comme une voie normale bien plus intéressante que la rue Royale. Ensuite il faut désescalader l'arête (II), sur un rocher allant en s'améliorant à mesure de la descente, jusqu'au col de La Paul, ou nous nous arêtons manger.

Le programme de la journée n'est pas tout à fait terminé, il faut aller chercher le pic de La Paul, dernier 3000 vierge de la chaîne conquis le 26/07/1927 par Arlaud et ses compagnons. Sitôt les estomacs calés, nous l'éxécutons par un aller-retour express en passant par le pic inférieur. Petite escalade attrayante (II+) sur un excellent rocher.

Pics de La Paul et Bardamina vus du Posets

Ensuite, il faut penser à un lieu de bivouac et à trouver de l'eau. En descendant sur le glacier de La Paul, une bonne centaine de mètres sous le col, voilà qui est bientôt fait. En plus, il y a de bons replats pour s'installer. Il est 15h30, Cyril prend même le temps de se construire un muret de protection, et nous voilà instalés pour la fin d'après midi. Il fait bon, et du coup nous ne montons même pas la tente. Ce sera une nuit à la belle étoile. 21h, on se met dans les duvets.

Dimanche 8 août 2010:

Posets nord, brèche Carrive, pics des Jumeaux et des Vétérans, vus du pic de La Paul

Pas la moindre difficulté aujourd'hui, mais de la distance à parcourir. 6h, sur des névés durs, nous descendons de nuit une bonne partie du vallon de La Paul, jusqu'à bifurquer vers un collet herbeux bien marqué puis en direction d'un col vers lequel nous remontons. Nous y parvenons par un terrain décomposé trés raide, et nous découvrons en contrebas les lacs qui dorment sous le col Noir, que nous devons rejoindre. Brève descente, passage près du lac, et remontée au col avec le jour qui se lève. Ici, s'amorce l'arête vers le pic des Vétérans.

Départ sur l'arête du pic des Vétérans
Nous la gravissons jusqu'au sommet et continuons jusqu'au pic des Jumeaux. Georges Ledormeur et F. Carrive furent les premiers à gravir ses deux sommets en 1921. Arlaud les appelait les "3000 Ledormeur", et la brèche Carrive sous le pic des Jumeaux conserve le nom du premier vainqueur.
Au sommet du pic des Jumeaux
Séance photo, coup d'oeil sur la brèche Carrive et le Posets qui nous domine, avant de repartir par le chemin inverse. Au retour, cueillette de génépi et séance photo au col Noir et sur les splendides lacs en contrebas, avant de regagner par les névés le bivouac.
Cyril au col Noir
Lac secret sous le col Noir
Plein d'eau, chargement du sac, et nous voilà repartis au col de La Paul pour remonter ensuite au Posets par l'arête descendue hier. J'y trouve ce que je n'avais pas réussit à revoir hier, mais j'étais sût que c'était là que j'avais vu cela: un haut de piolet scéllé dans la roche, portant sur une petite pancarte métallique la mention suivante: "Sube, sube, hasta coronar la cima de tu busqueda!" Sur cette arête descendue hier, nous montons, montons, jusqu'à couronner le sommet de notre recherche, celui dont Arlaud disait qu'il l'aimait "plus que toute autre montagne pyrénenne", le Posets.
Le piolet et son inscription
Cyril sur l'arête nord-est du Posets au dessus du glacier de Posets
Retour au sommet, un peu moins de monde qu'hier, mais on ne s'y éternise pas.
Avec Cyril au sommet du Posets
Nous descendons bientôt au col de la dent de Llardana ou nous mangeons.
La dent de Llardana vue depuis le Posets
L'escalade de la dent, vaincue le 22/07/1913 par Henri et Roger Brulle, n'est qu'une simple formalité, pour le dernier 3000 du massif des Posets de Cyril.

Nous revenons au col, puis dévallons bientôt en longue glissade la rue Royale, bien enneigée cette année. De là, nous filons au Forcau ...
Dans le vallon sous la rue Royale
... puis à la voiture. Il est 15h. Nous voila revenus à Espigantosa, presque déçus de repartir, tellement ces trois journées furent de toute beauté. Mais d'autres sommets nous attendent...

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